POESIE 2008-2013
 
 
 
 
Dévastation de la tendresse
Editions de la Margeride, Nîmes, 2008.
Sur papier Japon 80 gr, format 15x21cm en impression numérique, augmenté d'un monotype original signé, couverture originale. Edition de tête accompagnée d'un disque de musique électroacoustique composé par l'auteur.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Extrait :
 
Ton nu, voilé de neige,
Habite un ancien jour.
Tu dors entre les sels,
Comme un rameau brûlé
Malgré l'eau pure de ton prénom.
Le long coller des oiseaux morts
Berce tes seins,
Tandis qu'un seul,
Veillant sur toi,
Implore le don de l'ange
A tes jardins perdus
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lueur par le silence
 
 
 
Editions de la Margeride, Nîmes, 2010.
Sur papier Edit ME 300g pour la couverture et Conquéror 250 gr pour les textes, format 15x16 centimètres en impression numérique, couverture sérigraphiée et peinte, augmentée d'une peinture double page.
IBSN 978-2-918610-05-29782918610052
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Extrait :
 
De quelle horloge déshabillée
Le bleu du jour se souvient-il ?
On dirait qu'un visage se retourne à ce rien,
Brouillard disparaissant,
Comme un appel au long du fleuve.
 
On dirait si l'on veut
Qu'on serait tel ou tel,
Ou ceci, ou cela,
 
Ce rosier dévorant,
Le rideau immobile,
Un arbre sous la lune.
 
Peut-être un personnage ?
 
Mais en ce jeu perdu,
Seulement le sable d'un reflet,
Ou l'approche à l'envers,
 
D'une possible figure...
 
 
Cathédrale de Sienne
 
Editions de la Margeride, Nîmes, 2010. Sur papier Kraft 200 gr pour la couverture et Edit Me 300 gr pour les pages, format 17x16 cm, impression typographique augmentée de cinq dessins à l'encre de Chine.
 
E
 
 
 
JCe petit livre a une histoire pour le moins amusante. Voyageant en Toscane en août 2010, j'ai envoyé à Robert Lobet une carte postale de la cathédrale de Sienne, dont il m'a dit dans sa réponse qu'il suffisait de décaler chaque fragment pour obtenir le poème que recélait son texte. Robert m'a alors proposé d'en faire un petit livre. Ayant mal compris ce qu'il me proposait, au lieu de lui donner ce seul texte, j'en ai composé toute une série qui forme la Suite Toscane. A ce jour, seul Cathédrale de Sienne a été publié, mais Robert m'a souvent dit qu'un jour nous prolongerions ce livre. Ceal se fera certainement, au moment opportun. C'est pourquoi, je propose ici en extrait, non le contenu de Cathédrale de Sienne, mais quelques uns des courts poèmes inédits de cette suite. Je profite aussi de cette occasion pour donner ici liens vers les sites et le blog de Robert Lobet.
 
Site Robert Lobet : http://www.robert-lobet.com
 
Site Editions de la Margeride : http://www.editionsdelamargeride.com/catalogue.html
 
Blog Robert Lobet : http://robert.lobet.over-blog.com
 
 
Deux extraits de Suite Toscane :
 
Matin de marbre clair
Aux angles de fraîcheur
Les quatre purs en leur silence
Colonnes
Visages et feux ouverts
Donnant la clé
Du très limpide
 
 
Ce lieux d’échos
Peuplé de ses colombes
En cercle pur
Légère est l’ascension
De transparence
Qui marche à tes côtés
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Patience de l'horizon
 
Editions Souffles, Montpellier, 2010. Vignette de couverture Robert Lobet : acrilyque et encre sur papier marouflé sur toile 40x45cm.
Prix Karl Bréheret 2010.
 
 
Extraits :
 
Les territoires de nuit renaissent à la distance
Par émotion de l'incolore.
Qui douterait de ces mains pâles
Au geste de silence ?
Elles sont l'épée d'un chant
Qui se fleurit de vide
Et fait promesse
Au dénuement du jour.
 
Dis-moi, toi qui surviens
Dans le désert de l'heure,
Dis-moi ce que tu cherches au nombre des étoiles,
Qu'un seul instant,
A l'épaulement du monde
Om se perçoit le froid du seuil ouvert,
Se donne à lire
Le signe clair de tout lointain,
Par souffles avec les roses,
Par vagues avec les vagues,
Dans la finesse en effacement.
 
 
 
Cela de toi que rien ne peut saisir,
Louve écartée de tout chemin.
Guettant parmi les feux, tu trembles de lisères
Dans le désert du vent,
Par neige et nuit sans horizon.
 
Tes yeux planète ont captivé l'angoisse
Et l'ont donnée à ton blason.
Tu veux une eau tombée du vide
Et la pureté de la falaise,
Enracinée d'en haut ;
 
Tu veux la foudre entière,
La nuit fendue d'azur, le signe de l'abeille
Jusque  au plus noir de ton vertige,
Louve amoureuse et ravageuse,
Portant l'épée de ton silence,
Pure insoumise,
Mangeant la neige à pleines fougères
Dans un ravin d'étoiles.
 
Demeurent tes yeux,
Veillant par la distance,
En, leur jardin d'encerclement.
 
 
 
Dans le matin, depuis toujours,
L'odeur de neige a ranimé la soif,
L'étoile de la faim nue,
Le dévorant chemin dans la forêt liée.
 
Chemin de neige en ce pays de hautes vallées,
Dans le matin, depuis toujours,
Ce long froid vif,
Avec les fruits d'essoufflement,
Les yeux cernés
Sous les clartés de nuit.
 
 
 
 
 
 
Quelques poèmes inédits de 2011, accompagnés d'un de mes livres peinture et d'un extrait d'une de mes suites calligraphiques.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Sur un chemin d'aurore ensemencée,
Avec le vent, la pierre et la distance,
Et rien que le chemin s'environnant de nuit fendue dans sa longueur,
Par vent de roche et de lointain,
Ce peu de cendre aux mains nouées,
L'humide et l'épineux, le plus léger que graine,
A l'aplomb d'un visage
Si lentement, longtemps donné.
 
Ô feu, gant retourné jusque à l'azur,
Le noir verger criant son cri
Sous un prénom d'orage.
 
 
Samedi Premier Janvier 2011
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Quand elle viendra,
Muette à la fougère de l'heure,
Un très vieil or traversera les grilles.
Le schiste et le genêt brûleront au lit de son regard.
 
Ses seins, durcis au feu d'un astre mort,
Eteindront les oiseaux,
Et la résine apportera son ombre.
 
L'anneau lucide à sa main droite
Redoublera de songe
Le mince archer lunaire
Accompagnant ses pas.
 
 
Mardi 11 Janvier 2011, 20h20
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L’oiseau des femmes s’assied à la terrasse,
Oiseau marin liant l’attente à la fumée
Dans le toujours d’un grand matin
Berçant portes-fenêtres et bleus dallages
Aux talons nus de la fraîcheur.
 
Puis la fillette, aimée d’envol
Survient avec sa robe.
Elle s’adresse aux navires,
Par le jasmin de la naissance,
Ses yeux confiant à l’air
Tous les œillets de son cantique ;
Et l’horizon, d’un saut de corde,
Vient habiter son torse pur.
 
Ses mères et ses aïeules
Retournent alors aux transparences,
Egrenant le collier de ce cri rauque et lourd
Qui sertissait leurs seins.
 
 
Dimanche 3 Juillet 2011, matinée
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Tu contemples la pierre.
La voici, qui devient.
 
Elle est,
Génie de son mystère,
Tranquillité de ton chemin
Dans l'immobile.
 
 
Mardi 20 Septembre 2011, vers 22h15
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Paysage du Non Lieu
 
Collection Mémoires, créée et dirigée par Eric Coisel. Poème avec des peintures de Georges Badin.
 
 
 
 
 
 
Extrait :
 
 
Le chat de tout silence est couché sur le vide,
Long chat neigeux veillant à l’incertain
Dans cet hiver d’eaux noires,
Comme un chemin,
Sans paysage et sans chemin ;
Et son double inversé détourne le regard.
 
 
Puis il devient, montagne et voyageur
Donnés par l’immobile.
Vont avec lui torrents de griffes,
Eclats et forêts lentes
Au versant d’inconnu.
 
 
Suspens du visiteur
 
Poème de Marc-Henri Arfeux, peint et calligraphié par Robert Lobet, Nîmes, 2012
 
 
 
Suspens du visiteur étant un livre d'un poème bref, voici à la place d'un extrait qui ne serait guère significatif, un autre poème de l'année 2012, de la même inspiration :
 
 
Tu veilles au pli de la lumière,
Rêvant avec l’enfant, la clé perdue,
Le blé des yeux cernés d’appel.
 
 
Toute herbe est un visage
Portant question de lampe
Et le fragile amour
A sa fenêtre blanche.
 
 
Ô nuit, versant rivières de nombres
Et leurs abîmes.
 
 
La pierre est là,
Qui tient en son noyau
Les noms secrets de la fiancée,
La très lointaine aux mains de lait
Malgré le feu.
 
 
La pierre est là, si pure et solitaire,
Et les feuillages illuminés
Qu’inverse un vent du soir.
 
 
Plus un oiseau ni sa promesse
En cet instant abandonné ;
Mais au repos du lierre,
La grille usée de ce jardin,
S’ouvrant silencieusement
 
 
A la lenteur d’un pas.
 
Mardi 7 Février 2012, 11h39
 
 
Corps de logis
 
Editions de la Margeride, Nîmes, 2013. Sur papier Olin 300 gr. Format 15x16 cm. Impression numérique et en sérigraphie, augmenté d'une sérigraphie.
Extrait :
 
La chambre ouverte à pleins volets fermés
Sur l’étendue d’un parc,
Ecoute à son orient
Le long rosier de pluie nocturne,
Ou le silence
Par l’herbe d’une étoile.
 
Demeurent dans le lointain d’un grand salon
Les livres, assis avec leurs doubles,
Chats immobiles en leur ébène,
La table lithophile
Où sont quelques secrets,
Les paysages et leurs sentiers de traces
A travers l’air.
 
Il est sans heure dans l’inconnu,
Selon la lampe à cœur de nuit,
Qui m’accompagne.
 
D’un livre de jadis parfois rouvert
S’incarne un pli
Jamais revu
Depuis l’été de son appel :
Iris au chant restitué d’une Anaïs
 
Vêtue d’envols.

 

Illuminé par le brouillard
 
Poème, in Voix Vives de la Méditerranée en Méditerranée, Anthologie Sète 2013, Editions Bruno Doucey, Paris, 2013. Cette anthologie, comme chaque année regroupe les poètes rassemblés par le festival de poésie de Sète, auquel j'ai été invité en 2013.
 
 
Plutôt que le poème donné à l'anthologie, je présente ici trois autres poèmes, inédits, écrits pendant le festival :
 
D’une rive à l’autre de tes mains,
La nymphe du vide,
Ta presque sœur guidant tes yeux.
 
Tremblent les roses, la pierre et tous les chats,
L’enfance et les ruisseaux d’abeilles,
Le lait de la planète
Et cet oiseau d’un cri
Lié au seul azur.
 
Puis le collier de l’invisible,
D’une rive à l’autre du silence.
 
 
Sète, Dimanche 21 Juillet 2013, 12h56
 
Tu es la sœur de mon silence,
La très lointaine à mon épaule,
Promesse, Ô ma bougie,
Patience aux mains gravées d’étoile
Selon le chiffre d’une ortie.
 
Par toi, l’eau noire de cette ampoule qui est pureté
Mordue d’amour,
L’écartelé de ces lueurs,
Le gouffre et le feuillage,
Et la torsion des linges au point du jour,
 
Ma sœur dans l’incertain.
 
 
Sète, Mardi 23 Juillet 2013, 9h33
 
 
Impasse des Provinciales,
Est Le jardin d’une heure
Eternisée.
 
Un laurier pur et son palmier
Le bercent de silence,
 
Fraîcheur insoupçonnée de l’Ange
Au grand basalte indestructible et nu
De ce bleu sans merci.
 
 
Sète, Samedi 27 Juillet 2013, 18h44
A Pierre Henry, pionnier de la musique électronique
 
Poème in, La poésie au coeur des arts, Anthologie établie par Christian Poslaniec et Bruno Doucey, Editions Bruno Doucey, Paris, 2014.
 
 
Chaque année, les Editions Bruno Doucey publient une anthologie consacrée au thème du Printemps des Poètes, cette année autour du dialogue des arts par "la poésie au coeur des arts". A cette occasion, Bruno Doucey m'a donc demandé de participer par un poème sur la musique électronique. Faisant lien avec mon travail de composition, l'éditeur m'a également proposé de faire partie des artistes présentés sur un blog destiné à prolonger l'anthologie : http://www.poesieaucoeurdesarts.fr/#m7
Vous trouverez ci-dessous trois poèmes indits parmi ceux que j'ai écritssur la musique électronique au cours de l'été 2013, ainsi qu'une courte vidéo consacrée à la soirée de lancement de l'anthologie le 14 mars 2014 :
 
Pour Arne Nordheim
 
 
Mémoire est la lumière par les non lieux.
La flèche, en son écho, demeure,
De tout silence l’inachevée.
Elle entre aux grands jardins errants
De la splendeur,
Fiancée polaire ouvrant les nuits
Que tu écoutes, Arne Nordheim,
Sur le basalte magnétique.
 
 
Mardi 13 Août 2013, 15h22
 
 
Pour Herbert Eimert
 
 
Cantate pour les couleurs
Dans l’escargot de l’ouïe.
Maintenant, le poème
Est plus petit que les atomes.
 
L’enfant sinusoïde
A déroulé la corde
Et la gravit jusque au zénith.
 
 
Mardi 13 Août 2013, 16h45
Pour François Bayle
 
 
Je salue François Bayle
Tissant la transparence
Pour des élytres fines
Que nul métier verbal
Ne saurait discerner.
 
Au fil et à mesure de l’air,
Chaque mot s’abandonne
Au jardin pur de la couleur,
Millions de brins en libellules
Pour le corsage aux seins mouillés
De l’heure première.
 
 
Samedi 17 Août 2013, 17h33
 

Copyright 2012 Marc-Henri Arfeux