Poèmes Inédits 2018

Le bleu d'oiseau sur le parfum de l'aube,
La porte des fougères frôlant le fin visage 
Des vagues épanouies,
Le seuil de ton amour qui se déchausse et touche 
L'épaule de la rosée,
La voyageuse étoile dans l'éventail des pins
Qui la parfument et la colorent de tout leur ambre roux,
La grille de ce jardin conduisant au regard,
Le rosier blanc du papillon contre la résonance 
D'une cloche unique au bord de la lumière.

Lundi Premier Janvier 2018,11h38

Pour Jackie Plaetovoet

 

Mon premier est une pomme en trois,
Mon second est un poème,
Mon troisième un poulain.
Mon tout est un long jour de lumière
Dans le pelage d'un pré,
En croquant la pomme sur le poème,
Tandis que le poulain s'appuie à ton épaule 
Afin de lyre et de jongler
Avec les deux reinettes de trop,
Tombées de ton carquois.

Vendredi 5 Janvier 2018, 12h18

 

 

 

Les fleurs aussi ont un squelette

Aussi léger que leur parfum.

 

8 Janvier 2018, 10h30

Peupler l’éclair
D’un seul visage 
Immobile absolu.
Cheval du presque nuit
Traversant le ravin
Où monte un tremblement d’étoile.

 

Jeudi 18 Janvier 2017, 13h07

Rhume de neige,

Toute une nuit les étoiles frissonnent en moi.

 

Dimanche 28 Janvier 2018, 9h49

Suppose qu'un jour se reconnaisse
Dans le reflet d'un pas,
La lumière d'un parfum,
La voix d'une seule abeille à l'unisson
De ton silence.
Alors, montant de ce jasmin,
Le lent sourire de l'invisible.

Vendredi 13 Avril 2018

Sur le fil
Je vais fragile 
Dit la lumière
Rêvant 
À pas de
Funambule.
Sur le fil je fais l’agile,
Dit en écho 
Sa fille
La brise

Nouant les brins.


Et toujours le navire d’un arbre
Étend ses voilures d’ombre fine
Envoûtées d’appels.

Lundi 7 Mai 2028, 16h20

Je salue
La lune,
Si fraîche
Dans le jardin flottant de l'aube,
A portée d'envol,
Comme le rêve d'un chat
Qui emprunterait aux pétales
Et aux oiseaux
La forme du voyage.

 

Samedi 12 mai 2018, 17h44

Le jardin sec
Rassemble ses feuillages
Autour de son silence
Gong étendu sur les graviers
L'expansion du soleil.

Dimanche 13 Mai 2018, 11h56

Les galaxies intérieures des corps

S'allument dans la nuit dentellière.

Oiseaux de mains perlées d’étoiles,

Estomac de planètes, poumons de grands jardins

Légers comme des plumes de nébuleuses,

Jambes à la vitesse de la lumière.

 

Samedi 2 Juin 2018, 8h38

Certains matins,

La seule clarté de l'hortensia

Suffit à renouer le monde.

 

Mercredi 13 Juin 2018, 10h23

Embrasse le ciel de ce raisin.
Tiens-le dans la lumière
Où seule est sa maison,
Et sois ta propre vie,
Selon son heure et son parfum
D'astre limpide
Où tourne le silence

Ainsi qu'un chant.

Samedi 18 Août 2018, 18h06

Le vent devine l’odeur 
Des feuillages mûrs.
Début d’automne lové dans la chaleur,
Comme un renard dissimulé sous l’épilobe.

Lenteur de l’air traversé d’un avion
Si pur qu’il est silence
D’un mince éclat d’étoile 
Au plein jour étendu.

Les arbres ouverts clignent des yeux.
L’agilité de la rivière continue d’étonner les roches
Qui la franchissent à pas de mousse.
Les papillons boivent ses reflets.

Des plantes aux noms secrets 
S’y rafraîchissent.

Mais les parfums, plus pâles,
Ressemblent aux souriants fantômes 
Qui t’accompagnent.

Eux seuls connaissent les clés et les serrures
Des portes hautes qui gardent imperturbablement 
La maison noire des mois sans dieux.

Y règnent les silences, les lampes et corridors de long oubli,
Jusqu’à l’orient d’un soir 
Où des mains fines 
Déplient dans l’herbe 
Le bijou d’un parfum.

Mardi 11 Septembre 2018

Dormir d'un seul éclat,
Les yeux ouverts
Au seuil des grands parfums d'étoiles.

Se souvenir de la fascination 
De la pivoine
Follement donnée
Aux mains de transparence qui peuplent l'air,
En ce jardin de mai où traverser était un geste d'aube.

Puis s'éveiller
Dans le sourire de la lenteur
Sans fin recommencée 
Par les allées d'automne
Où les pétales jamais défaits
Rassemblent un avenir

Ganté d'abeilles et de pollen.

Jeudi 13 Septembre 2018, 20h20

Licorne d'un matin,
La lente beauté de ce nuage
Qui forme azur autour de ton jardin.
La main de l'eau première,
Le haut voyage de la maison,
L'enfance des yeux.

 

Mercredi 26 Septembre 2018, 15h56

Pour Patrick Rousseau

 

Jardin orange,
Le chant de la chaleur.
Fumée du riz.

Vendredi 28 Septembre 2018, 12h49

Le peuple des pommes

Prend ses quartiers d’hiver

Dans le grand parfum doux

De sa patience.

 

Mercredi 3 Octobre 2018, 7h01

Le calme des bambous,

Très droits comme des adolescents

Qui savent où veulent aller leurs pas.

 

Samedi 6 Octobre 2018, 9h04

Au rouge de l'érable,

Je devine ta bouche.

Silence des pas dans le silence.

 

Vendredi 19 Octobre 2018, 9h03

Colimaçon électronique,
Je gravis ton silence
Jusqu'au visage du premier rossignol d'octobre.
Le chant des sphères est funambule

Comme les étoiles.

Mardi 23 Octobre 2018, 8h15

Plus loin
Demeure
Le loin 
De ton visage
Dans l'invisible de
Ta voix
Chemin fumée
Venant au bord de la lumière
Chercher un nom 
A ton image
Tandis que le désert
De ton voyage 
Offrant les dons
Pureté de goutte 
Aux cils de la forêt

Dimanche 28 Octobre 2018, 7h55

Pour Réjane Niogret

 

Puisque ce n'est pas ton anniversaire, 
Puisque aucune raison,
Puis soudain l'averse
Faisant la roue et l'embellie
Sur le fil de l'heure,
Parfum de la résine et des sapins
Tapis dans la pénombre,
Avec tout l'or du temps, 
Le geste des fougères,
La grande folie des ciels imaginés 
Parmi tes paumes ouvertes.

 

Qui sont ces yeux d'un autre monde
A la fleur des chemins ?

Dimanche 28 Octobre 20128, 11h48

La migration de la lumière traverse le brouillard,
Le cri des grues cherchant un seuil.
Cendre écrivant la profondeur
Pour un lointain visage
Inexistant.
Le brasero nocturne de l'hiver.
Métal du thé couvrant un fin sentier de gouttes
Et de pétales.

Dimanche 4 Novembre 2018, 10h26

La petite chouette

Ecoute

L'écho de son écoute.

 

Dimanche 11 Novembre 2018, 10h46

Chanson curieuse de l'Atelier, pour Françoise Cuxac

 

Dans l'atelier de l'amulette,

Les fins et doux squelettes,

Dans le cabinet d'or de la curiosité,

Petite furie furtive en sourire trapéziste,

Les insectes ne cessent, ne cessent,

N'ont de cesse de crisser

Sans oublis ni soupir

En cassant des aigrettes, noise être, noisettes,

En les cassant sans cesse entre les pinces

De leur mélancolie.

 

Oiseau, oiseau, dis-moi ,

Dis-moi le nom de ce renard qui vit en toi,

A rouge gorge camouflée,

Un scarabée fruit déguisé dans l'amour que tu portes,

Transportes encore et porte,

De porte en porte encore,

Dis-moi ?

 

Dans l'atelier de l'allumette,

La petite fille frottant la flamme au capuchon d'ébène

Illumine un instant des trésors de jadis

Devenus chats et opéras selon la grâce,

Les doigts doués d'aiguilles et d'yeux

De celle qui mage y sienne et mage à scène,

Icelle Françoise a nom !

 

Dans l'atelier,

De doux squelettes courtisent les feuilles d'autant doré le vent

Et leur doigté de clavecinistes à masque nervuré.

Dans l'atelier fou à lier le cabinet de K marquant le temps

De goutte en goutte, en goutte

En loutre et son miroir,

Pelage des beaux sommeils à bouche de sang.

Dimanche 25 Novembre 2018 à 15h16

Premier matin de nuit.

Seulement l'horizon pâle
Indéfini,

Comme une main vide
Mouillée d'absence.

Tu veilles avec le poirier nu,
Tandis que la bougie de neige

Attend,
Sans fin,

Le visiteur inexistant.

Vendredi 21 Décembre 2018, 18h10

Les fleurs ont un squelette aussi léger que leur parfum.

Elles s’y blottissent parmi les fils de la lumière

Que bien longtemps, dans le silence,

Enceintes en grand secret de lune,

Elles tissent entre les songes de la terre endormie.

 

Vient un matin d’appel où s’accomplit sous le pollen

L’assomption des lucanes,

Et les cristaux de l’herbe unie par le passage d’un chat

Deviennent maisons de gouttes.

Les huit regards de l’araignée y trouvent enfant d’irisation.

 

Samedi 29 Décembre 2018, 16h27

Copyright 2012 Marc-Henri Arfeux