ESSAI
 
Alain Robbe-Grillet et la Bretagne
 
Essai, Collection Bretagne, terre écrite, Editions Blanc Silex, Moëllan sur Mer, 2002.
 
 
Extrait :
 
Dès l'incipit du Régicide, à l'avant seuil de l'oeuvre, l'écriture de Robbe-Grillet se signale par la présence du rivage et de l'élément marin à l'état de substance farouche, multiple et menaçante. dans cet instant originire, le rideau est déjà levé sur une scène immémoriale qui ne cessera de reparaître et de se rejouer périodiquement au fil de ces étranges récits sans base et sans sommet. Mais contairement à tant de livre, Un Régicide n'assigne à sa matière aucun de ces points d'origine où les généalosgistes aiment à reconnaître le Verbe fondamental d'une oeuvre. Bien au contraire, le moment inaugural de la narration est ici répétition, non d'une première fois, mais d'innombrables occurrences antérieures. Comme les vagues des grandes houles océaniques, la voix liminaire du récit n'est que la résultantr d'une rumeur inaudible, venue du fond d'un horizon indéfini. Un royaume près de la mer monte ici du vide auquel il emprunte ses attributs.
Salah Stétié 
 
 
Essai, Collection Poètes d'Aujourd'hui, Editions Seghers, Paris, 2004.
Extrait :
 
Les grands poèts sont souvent des contemplatifs en acte. Leur instrument ou, mieux encore, leur substance élective, native et directrice est de parole, et contrairement au préjugé selon lequel elle demeure en retrait du monde, la poésie est également un engagement, une participaton spirituelle et politique à ce qu'Arthur Rimbaud appelait "la bataille d'hommes". Depuis un peu plus d'un siècle chaotique, les tragédies de l'Histoire et ce que les philosophes appellent volontiers "la condition de l'homme moderne", ont si profondément ébranlé la confiance collective que la poésie semble à beaucoup suspecte et inutile. Elle n'aurait désormais plus d'autre justification que prolonger à l'infini sa propre déconstruction ou que de se réfugier dans les célébrations naïves de l'ordinaire. Pourtant, certains esprits, plus attentifs et vigilants, continuent de penser, après René Char, que sa véritable vocaiton l'enracine plus que jamais dans la fueur et le mystère. (...)
Dans une époque où le nom même de l'Être, celui du sens et de l'essence sont devenus objets de répulsion, de dérision et finalement d'une étrange amnésie, Salah Stétié ose dire que seule une poésie prenant appui sur les grandes interrogations fondamentales est susceptible d'éclairer la condition des hommes et de nous prémunir contre ces maladies mortelles que sont les certitudes sans horizon, les cynismes affamés, les divertissements de littérateurs enfilant des perles d'insignifiance, ou l'abandon blasé à l'esclavage de l'immédiat. Car la poésie, telle que l'habite Salah Stétié, n'est pas un art décoratif prenant des poses, maisune respiration vitale, un cheminement, la matière même d'une vie où la nécessité de la parole devient si grande qu'elle efface en elle-même toute anecdote.
New York
 
 
Essai, Collection La Bibliothèque, Editions Gallimard, Paris, 2006.
New York, paru en 2006, est curieusement la première anthologie française consacrée à la relation de la littérature à la ville d"Edith Warton, Dos Passos et Paul Auster. D'autres ont suivi quelques années plus tard, mais à l'époque où je rédigeais cette étude acccompagnée de nombreux texes de toute origine, aussi bien anglo-américaine ou française, qu'arabe, sud américaine ou africaine, le lecteur qui désirait parcourir une anthologie new yorkaise en était réduit à composer la sienne propre au hasard de ses lectures. Plutôt que de donner un extrait de ce petit livre, j'aimerais évoquer l'un des souvenirs associés à sa composition.
Rassembler les textes d'une anthologie consacrée à la ville natale de mon écriture, les accompagner de présentations et, quelquefois, d'analyses à la loupe de certains fragments ou tableaux qui la symbolisent ; voyager six mois durant en lecture et en rédaction dans les espace-temps de Manhattan et de ses lisières : un tel projet ne pouvait manquer de m'enthousiasmer, moi qui, depuis le voyage de l'été 1980 qui m'avait fait découvrir les mondes telluriques de New York , rêvait au moins une fois par an de longues promenades à pied dans ses avenues et ses rues, découvrant chaque fois avec émerveillement des quartiers et des immeubles qui m'étaient encore inconnus, jusque au point culminant de ce rêve de 1994 que j'ai noté dans un carnet, où la cité monde se distribuait sur deux plans superposés l'un à l'autre, comme les étages du Mont Saint Michel, joignant toutes les faces de son mystère dans la synthèse de ce joyau intérieur. Voici quelques extraits de ce long rêve, tel que je l'ai donc relevé le 6 février 1994 :
 
"Cette nuit, nouvelle version de mon rêve de New York : sans doute l'une des plus belles.
Je me trouvais dans une sorte de voyage scolaire, en train de conduire un autocar. Finalement, nous sommes devant New York dont un pont nous sépare. La ville est consruite sur une colline à l'instar de certaines parties de Genève ou du quartier du Trocadéro qui rapelle Genève. Mais il s'agit bien de New York.
Refusant de participer à la visite collective - de même qu'enfant, j'avais avec deux camarades de classe connaissant Londres, pu échapper au pensum d'y circuler sous la houlette disciplinaire des professeurs et du directeur d'école qui nous guidaient en principe. J'avais ainsi connu pour la première fois l'incomparable joie de parcourir en toute liberté les splendeurs lumineuses d'une capitale, de surcroît ville étrangère où l'on ne parlait pas ma langue, le long d'avenues mauves bordées de parcs printaniers, c'était à Pâques, par l'une de ces tendres jourénes woolfiennes, telles que cel où Mrs Dalloway traverse Hyde Park, toute scintillante de sensations et réflexions fragmentaires, ainsi que dans cette rue surnaturelle dont les façades néo-classiques s'enroulent en une parfaite spirale, Regent Street au mincs syllabes d'argent - je m'éloignai donc seul dans New York par une rue montante, découvrant à ma gauche, sur un angle en demi-cercle, l'étalage extérieur d'une papeterie vendant des sortes de casiers en bois, des collections de carnets et de crayons signés de la main de Michel Butor.
F et moi nous engageons dans la ruelle ascendante de la première partie de mon rêve. C'est un escalier de bois en hélice, richement suclpé, s'élevant à gauche du rez de chaussée de New York, la ville est donc construite sur deux plateaux au moins, et ce premier plateau n'est autre que la nef parallélépipédique, immense, tout hauteur et longueur d'une merveilleuse église halle semblable à celles dont je viens très précisment de voir l'avant-veille les photographies dans l'ouvrage consacré à l'art du XV° siècle que je suis en train de lire : mais cette église halle est encore plus admirable et ruisselle de feux multicolores."
 
C'était avant le 11 septembre 2001 qui allait bouleverser pour longtemps, non seulement la ville réelle, mais aussi les géographies mentales qu'elle a créées en moi, les affectant d'une blessure qui s'est exprimé depuis à plusieurs reprises dans des récits et nouvelles inédits à ce jour, si l'on excepte e large extrait d'Itinéraire du lent rentour, publié dans le volume 2 des Actes du colloque Le Trait, Langue, visage, paysage, organisé par Béatrice Bonhomme à l'université de Nice en avril 2005. Voici un extrait de cet extrait :
 
"La limousine de Léo-Max Archer, apparaissant silencieusement devant le magasin, lui parut un objet aussi déconcertant que le passage d'un cerf s'aventurant au milieu des gratte-ciel. Elle se souvint de cette photographie en noir et blanc représentant un troupeau de moutons guidé par son berger dns Manhattan, que si souvent elle avait contemplée avec un mélange de fascination et d'incrédulité. Mais cela n'était rien et ne signifiait que l'épanchement du songe dans le grand corps de pierre, de verre et de métal, tandis que l'arrivée de la voiture venue dans un glissement à travers les rues vides bordées de constructions qui semblaient être un simple agglomérat de pousière brune provisoirement solidifiée à l'intérieur d'une forme, avait la lenteur solennelle des figures de cauchemar qui apparaissent dans le champ visuel du rêveur effaré, avec une stupéfiante malignité, prenant effectivement un temps démesuré pour disposer dans tout l'espace interne de l'esprit leur présence dilatée, à demi matérielle, à demi affective.
Le marchand de tableaux était accompagné par son épouse, la jeune Alexandra qui avait observé d'étrange façon la broche d'Irma lesoir du vernissage. Elle frisonnait par ondes rapides et régulières, et ses yeux aggrandis montraient qu'elle avait dû pleurer longtemps. Elle s'approcha d'Irma, lui prit les tempes entre ses mains tremblantes et l'embrassa.
- Nous devons repartir, dit-elle ; il est grand temps de repartir avant qu'il soit trop tard.
Léo Max Archer la saisit par la taille et l'écarta d'Irma avec douceur.
- Depuis hier, Alexandra est en état de choc. Elle a passé la nuit à circuler dans notre appartement en répétant ces mêmes paroles. Et sincèrement, dans de telles circonstances, je la comprends. J'aurais de très loin préféré qu'elle ne vienne pas ici, mais je ne pouvais pas la laisser seule.
Il inclina la tête et regarda le sol entre ses pieds. Alexandra Archer avait cessé de frissonner. Sa pâleur translucide se mélangeait au demi-jour du magasin, donnant à croire qu'elle allait s'écouler en une vapeur vite effacée. Une infinie douleur roulait dans son regard désorienté. Toute l'onde de choc de la ville ébranlée semblait s'y concentrer et s'y réverbérer à l'état de stupeur et d'étrangeté, comme si ce qui avait eu lieu avait trouvé en elle le témoin le plus pur qui, simultanément, ne peut comprendre et voit plus loin que totu esprit le sens blessant des choses. Oui, repartir, pensa Irma dans cet instant de bref silence qui s'imposa avec toute la dureté d'un bloc de plomb qui leseut enfermés dans son énorme pesanteur ; oui, repartir, retraverser les strates et les membranes du temps jusque aux secondes où Manhattan était encore cette île, flottant à la surface d'une matinée de grâce, et savoir dériver, ne fût-ce que de quelques degrés, dans le sillage du devenir, le long d'un faisceau parallèle à celui e la catastrophe. Peut-être existe-t-il des milliards d'autres mondes jumeaux qui tous, hier, brillaient en dépliant leur splendeur suspendue. Un seul s'est trouvé dirigé dans la fausse direction des probabilités fatales, et tous se sont éteints."
 
Quand ont eu lieu les attentats du 11 septembre 2001, j'ai très vite su intuitivement qu'un jour cet impensable désastre trouverait un écho dans mon écriture, mais je ne savais quand. Lorsque j'ai commencé d'écrire Itinéraire du lent retour, en juillet 2002, j'étais loin de me douter que cette nouvelle me conduirait, avec son héroïne, Irma, jusque au jour fatal. Brusquement, dans le courant de l'automne 2002, je me suis trouvé sans l'avoir préconçu, en train d'écrire le 11 septembre à travers le regard, les émotions et la pensée d'Irma. Ma conviction initiale s'incarnait soudain, en quelque sorte sous mes yeux et la courbe de mon récit commencé dans un esprit de grâce proche du merveilleux s'était infléchie de manière irréversible vers le chagrin et les tourments du deuil, un deuil aussi muet et solitaire que la déambulation d'un fantôme dans les corridors de sa maison en ruines.
Aussi n'ai-je pu manquer d'être à la fois éberlué et consterné lorsque un an après, paradant sans pudeur dans une émission littéraire, l'excécrable Frédéric Beibeder qui venait de publier le non moins excécrable Windows of the world, déclarait d'un ton triomphal, sans même se douter une seconde de son obscénité, qu'il était le premier écrivain français à avoir fait du 11 septembre le sujet d'un livre !
La destruction des tours jumelles devait trouver un deuxième écho dans mon écriture quelques années plus tard, dans des circonstances similaires. Ecrivant une nouvelle à ce jour inédite, intitulée Conversation sur le Léman, je me suis de la même façon trouvé en train de vivre en écriture le 11 septembre 2001 à travers le regard et la pensée d'un autre personnage, également féminin, maid cete fois-ci depuis l'Europe, puisque mon personnage, Chantal Achkine, française née à Paris, apprend la nouvelle des attentats à la télévision dans le salon d'un hôtel proche de Thonon les Bains où elle vient à peine d'arriver pour qulques jours de villégiature. La nouvelle des attentats, pour une raison toute personnelle, liée à l'histoire de Chantal, va modifier le cours de son existence. Voici un extrait du moment où elle apprend ce qui a eu lieu l'après-midi même, tandis qu'elle était sur la route :
 
"Lorsque je suis passée devant  la porte du petit salon où tous les pensionnaires étaient groupés, je n’ai pas pu cette fois manquer de percevoir distinctement la voix qui commentait le reportage télévisé. J’ai entendu ces mots qui ne cessaient de répéter la même nouvelle inconcevable, aussi étrange et irréelle que la rupture soudaine du plein azur sous la pression du vide cosmique : « Terribles attentats à Manhattan ». « Probablement plusieurs milliers de morts ». « D’autres attaques sur l’Amérique ; la fermeture de l’espace aérien ».
Je suis entrée dans le salon sans réfléchir, ne voyant des images montrées en ce moment que le reflet bleuté sur les visages des pensionnaires. Instinctivement, on m’a fait place et je me suis assise sur le bord d’un fauteuil.
Et maintenant, les yeux fixés sur la télévision, je vois la partie supérieure d’une des deux tours Jumelles dans la pureté du ciel. C’est un matin d’espace, de transparence et de silence, le double américain du jour naissant qui tout à l’heure entourait mes derniers préparatifs et mon départ, il y a déjà tellement longtemps me semble-t-il. Je pourrais presque croire que je suis arrivée ici, non pas ce soir, mais depuis plusieurs jours, peut-être même plusieurs semaines, et que l’oubli a commencé de recouvrir toute cette partie de mon passé d’une fine buée dorée. Puis ce qui  semble être une image conçue et dessinée sur un ordinateur, représentant la silhouette d’un avion blanc, légèrement disproportionnée par rapport à la tour dont elle s’approche, fait son apparition, à la droite de l’écran. La silhouette mobile glisse à présent derrière la tour, et je n’en comprends pas la raison d’être. Il n’y a plus que le sommet du monolithe en verre délicatement tracé contre l’azur par une résille de lumière blonde. Mais contre toute attente, au lieu d’avoir fondu sa trajectoire à la densité bleue de l’horizon, la figurine reparaît sur la gauche, dans un élan tendu dont l’angle est si fermé qu’aucun avion réel ne saurait l’épouser aussi précisément. Ce n’est qu’à la seconde exacte où l’appareil, crevant les baies vitrées et les structures d’acier, s’enfonce intégralement dans l’édifice, en déployant un éventail de feu roulant, que je conçois enfin la vraie nature de ces images. Je sais, en un seul cri figé dans la stupeur, que tous les passagers de l’appareil ont non seulement été pulvérisés, mais que leur mort n’est pas accidentelle. Je sais ce qui depuis des heures rôdait autour de moi dans la rumeur des reportages télévisés, les bribes de la conversation que j’entendais dans la salle à manger et les mots sibyllins que le serveur murmurait tout à l’heure en prenant ma commande. Pourtant ce n’est pas tout. D’autres images déferlent maintenant en un flux incessant, charriant, comme des rochers aux angles acérés entraînés par une avalanche ou un torrent, tous les aspects furieux de l’événement qui vient de se produire, jusqu’à l’effondrement des tours dans les nuées ardentes qui envahissent inexorablement les rues voisines, puis tout le sud de Manhattan. Je sais dorénavant que les deux tours, posées sur la clarté du temps, à la surface de la photographie que j’ai trouvée ce matin même à mon réveil, sont devenues ces bouillonnantes statues de cendres blanches qui se déplacent en titubant dans le chaos de leur folie et se répandent, interminablement, sans que l’on sache si c’est vitesse la plus extrême et la plus foudroyante, ou au contraire lenteur, tendue à l’infini par sa solennité d’apocalypse."
 
J'en viens maintenant au souvenir attaché à l'écriture de New York. Au cours de ce travail, une rêverie m'habitait constamment : j'aurais aimé louer un appartement à Manhattan, pendant la durée de la rédaction du livre et m'y tenir sans presque jamais sortir, sinon une deux fois par jour, principalement pour une promenade crépusculaire dans la neige. Car c'est en hiver que j'aurais travaillé dans le bureau de et appartement, tout comme c'est en hiver que j'étais en train d'écrire, mais de façon fractionnée en raison de mon travail ordinaire de professeur de philosophie contraint de sortir de chez lui quotidiennement pour donner cours à ses classes. A Manhattan, j'aurais au contraire joui de la plus parfaite solitude au coeur même de la ville, avec pour seule vue les gratte-ciels gothiques des années trente, une avenue immobilisée sous la neige, le silence total et le bleu chat de ce moment où les vitres se laissent envahir par le crépuscule. Cette rêverie était entre autres née du chapitre initial d'Ombres sur l'Hudson, l'un des nombreux romans que j'avais lu en préparant mon propre livre. Mais elle s'alimentait aussi de tout un courant d'images photographiques et picturales qui ont célébré l'envoûtement de Manhattan par les longues semaines de brouillard et de neige du parfait hiver, et trouvait en moi une vaste caisse de résonnance onirique.
Un jour de janvier, contrairement à mon habitude, après avoir pris mon petit déjeuner avec mon épouse, m'être rasé et douché, je ne m'habillai pas, mais restai en pyjama et peignoir et vint m'asseoir à ma table de travail. C'était un vendredi. Les cours avaient été supprimés, les élèves des classes terminales devant se rendre à un salon du futur étudiant. Je disposais donc de trois jours, dont le premier s'ouvrait devant moi comme un paysage de solitude vierge où je n'avais qu'à m'avancer dans la magie du pur silence. Je me mis donc au travail avec ravissement. Les heures glissaient graduellement, sans que j'éprouve la moindre lassitude. Le monde autour de moi avait la même substance que la pensée dont il était un écho à peine matériel, ou bien, étant lui même pur esprit, me révélait à moi-même et à mon livre.
Dans l'après-midi, le silence s'approfondit peu à peu. La lumière pâle n'était plus que sa seule aura parfaitement immobile, comme si l'espace s'était arrêté, et le temps avec lui, pour devenir ce monde suspendu où le seul mouvement possible était celui de l'infini, vitesse et lenteur enlacées, et lorsque je levai les yeux vers les fenêtre, je vis la neige. Soudaine et absolue, tombant probablement depuis de longues minutes, fidèle et neuve comme un premier matin de toute éternité. La rue était déjà gommée. Plus de voitures. Seulement quelques piétons devenus signes personnages de la blancheur. Et, dans le ciel fasciné, l'immense vibration de la douceur, multipliée en autant de particules dont le frôlement était dorénavant la seule réalité sonore.

Copyright 2012 Marc-Henri Arfeux